Le programme de Lutte Ouvrière nous pose des difficultés d’analyse propres aux spécificités de son projet politique :

  • il s’agit d’un programme révolutionnaire, au sens propre, ce qui fait qu’on ne peut en tirer une série de mesures concrètes à comparer avec les autres candidat⋅es. On y voit plutôt des propositions globales dont le cœur est l’établissement d’un système communiste.
  • Lutte Ouvrière met en avant les droits des femmes, mais en subordonnant la problématique féministe à la lutte des classes : le patriarcat est présenté comme une conséquence du capitalisme et les luttes féministes passent par la lutte contre le capitalisme. Cela court-circuite de fait dans le programme toute discussion spécifique sur les luttes féministes – le programme se contente de rappeler que le mouvement a présenté des candidates beaucoup plus tôt et systématiquement que tous les autres partis politiques.

Pour autant, en-dehors du programme, des questions plus ponctuelles adressées à la candidate reçoivent des réponses plus concrètes, qui vont dans le sens d’une défense des droits des femmes (avortement libre et gratuit, etc.) et des personnes LGBTIQ+.

Un aspect de Lutte Ouvrière peut être rappelé : il s’agit d’un parti qui se donne pour but de lutter contre l’influence des religions, sur le principe. Même si, à nouveau, cela ne s’accompagne pas de mesures concrètes, cela a une incidence majeure sur leur analyse du voile, qui ne prend jamais en compte la question de la stigmatisation islamophobe.